Vendredi 4 juin 2010 5 04 /06 /Juin /2010 11:40
Par 1ère L du Lycée Chateaubriand à Rennes - Publié dans : Accueil
Jeudi 3 juin 2010 4 03 /06 /Juin /2010 17:35

 

 

 

Par 1ère L du Lycée Chateaubriand à Rennes - Publié dans : Immigration et fiction
Jeudi 3 juin 2010 4 03 /06 /Juin /2010 15:38

 

Extrait de la rencontre avec Alain Blottière

 

Par 1ère L du Lycée Chateaubriand à Rennes - Publié dans : Immigration et fiction
Lundi 3 mai 2010 1 03 /05 /Mai /2010 11:09

 

I) Quelle est l’évolution des Français en matière d’attentisme, de collaboration et de résistance entre 1942 et 1944 ?


    A la suite de la capitulation française et de l’armistice signée à Rethondes le 22 juin 1940, le Régime de Vichy est mis en place en France, avec à sa tête le maréchal Pétain. Celui-ci prône la « Collaboration » avec l’Allemagne dans l’espoir d’obtenir des contreparties (comme par  exemple le retour de prisonniers de guerre) et pour faire de la France le partenaire privilégié d’Adolf Hitler dans l’Europe nazie en cas de victoire allemande définitive. Certains intellectuels suivent le Maréchal Pétain : on les appelle les collaborationnistes. A partir de ce moment, les Français vont devoir faire un choix : résister à l’occupant et suivre l’appel du Général de Gaulle du 18 juin 1940, ou suivre la décision du Régime de Vichy et collaborer avec l’Allemagne. Devant l’ampleur d’un tel choix, des milliers de personnes préférent se ranger du côté de l’attentisme, c’est-à-dire remettre à plus tard leur décision en attendant que la situation se précise. Mais dès 1942, tout s’accélère, et les Français ne peuvent retarder leur choix.

    En 1942, plusieurs événements font évoluer le comportement des Français. L’un des plus importants est sans doute la mise en place du STO (Service du travail obligatoire) en septembre. De très nombreux jeunes gens convoqués refusent de partir travailler en Allemagne et les réfractaires préfèrent se cacher, ou alors rejoindre les maquis de la Résistance pour échapper au STO. En novembre de cette même année, l’invasion de la zone sud de la France par la Wehrmacht (alors que c’était une zone dite « libre »), discrédite le Régime de Vichy aux yeux de nombreux Français, celui-ci étant incapable de s’y opposer. Le mythe d’un « Vichy-bouclier » est anéanti, on comprend qu’Hitler n’est nullement disposé à faire des concessions à un pays qu’il a vaincu. Ceux qui prônaient la prudence et l’attentisme commencent à se poser des questions et la confiance envers le Régime de Vichy n’est plus infaillible. De plus en plus de gens se tournent vers la Résistance « passive » (écouter la BBC en cachette, par exemple), ou « active » (attentats, sabotages…). La Rafle du Vèl’d’Hiv du 16 juillet, organisée par les polices allemandes et françaises a également pu décider des Français à rejoindre la Résistance pour protester contre la répression et les mesures antisémites.

    En 1943, l’espoir d’une victoire alliée fait encore une fois évoluer la mentalité des Français. En effet, en février, la capitulation de l’armée allemande à Stalingrad fait s’effondrer le mythe de l’invincibilité de la Wehrmacht et de la victoire définitive du Reich hitlérien auquel le Régime de Vichy avait adhéré, et en juin, les Américains réussissent à bloquer l’expansion japonaise lors de la bataille de Midway.

    Enfin en 1944, les groupements armés issus des différents mouvements de Résistance sont unifiés au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI). Ils participeront activement avec les FTP (Francs-tireurs et partisans) à la préparation du débarquement du 6 juin et contribueront à la libération de la France.

De plus, depuis 1940,des Français ont rejoint De Gaulle en Angleterre pour constituer les Forces Françaises Libres (FFL).

    Entre 1942 et 1944 les Français évoluent donc : l’attentisme est peu à peu remplacé par la Résistance pour une partie de la population et selon des raisons variées : refus de la défaite et de l’occupation allemande, refus ou déception du Régime de Vichy et de la collaboration, refus de l’antisémitisme, volonté de combattre pour libérer la France. Néanmoins la collaboration et la résistance active ne représentent qu’une petite partie de la population française et la plupart des gens préférent rester dans l’attentisme, par craintes de représailles…

 

II) Quelle était la spécificité des FTP-MOI dans le mouvement de la Résistance ?


    La MOI (Main d’œuvre-immigrée) est créée en 1924. C’est tout d’abord une organisation syndicale qui a pour fonction d’assurer l’encadrement des militants communistes étrangers venant d’arriver en France et de favoriser leur intégration. Mais en 1939, la MOI et d’autres organisations similaires sont interdites par le gouvernement français. Elle est alors réorganisée et de nouveau active clandestinement dès 1941. La MOI intègre cette même année les FTP (Francs tireurs et Partisans) et le FTP-MOI devient un des plus importants groupes de résistance.

    Son but était de faire le plus de mal possible à l’ennemi et frapper l’opinion publique. Très actifs et déterminés (notamment parce qu’en tant qu’étrangers, et Juifs pour beaucoup, ils étaient directement visés par le Régime de Vichy), les membres des FTP-MOI s’occupaient de la guérilla urbaine dès le début 1942, intensifiant la lutte armée après la Rafle du Vèl d’Hiv.  Leurs bataillons ont mené des milliers d’actions : déraillements de trains, poses de bombes dans des officines de collaborateurs et de soldats allemands, lancers de grenades, vols d’armes, d’argent et d’explosifs, distributions de tracts. Le FTP-MOI tente également d’inciter la communauté juive à l’auto-défense et au refus de la passivité face aux rafles. L’action qui eut le plus de retentissement fut l’assassinat en 1943 du général SS Julius Ritter, responsable du STO par le groupe FTP-MOI commandé par Missak Manouchian, à Paris.

 

III) Le portrait historique de Thomas Elek.


    Thomas Elek naît en Hongrie le 7 décembre 1924 à Budapest dans une famille d’intellectuels communistes. Ses parents décident d’émigrer en France en 1930, pour que lui et ses frères et sœurs puissent bénéficier d’une culture française. Installée à Paris, Hélène, la mère de Thomas, devient restauratrice.

    En juin 1941, Thomas abandonne ses études au lycée Louis-le-Grand pour s’engager à 16 ans dans l’action clandestine. Il rejoint alors un groupe d’étudiants de la Sorbonne et confectionne et distribue de nombreux tracts. En août 1942, Thomas s’engage chez les FTP en tant que sympathisant des jeunesses communistes et commence la lutte armée. Le 9 novembre de cette même année, il commet son premier attentat, seul, avec un livre piégé dans une librairie allemande. Son attitude courageuse lui vaut de monter en grade et il est nommé chef de groupe au sein du 4e Détachement des FTP-MOI de la région parisienne, qui est un détachement de dérailleurs commandé par Joseph Boczov. Thomas participe ainsi à de très nombreux déraillements qui causent la mort de plusieurs centaines de soldats allemands.

    Arrêté et torturé par les Brigades spéciales de Renseignements généraux (police française), il est livré aux Allemands et incarcéré à la prison de Fresnes comme ses camarades de combat, en novembre 1943. Tous sont condamnés à mort le 18 Février 1944 à l’issue d’un simulacre de procès et sont fusillés trois jours plus tard au Mont Valérien. Le nom de Thomas Elek est un des dix qui figurent sur « L’Affiche Rouge ».

 

IV) Les sources utilisées par l’auteur pour écrire son roman selon qu’elles concernent la mémoire ou l’histoire.


    On peut classer les sources utilisées par Alain Blottière selon deux catégories : la mémoire et l’histoire. Pour les sources concernant la mémoire, il s’agit surtout de témoignages, de récits et de faits historiques que racontent des personnes pour que l’on se souvienne de ce qu’elles ont vécu ou fait. Pour les sources concernant l’histoire, il s’agit surtout de documentaires, de livres et de manuels rédigés par des historiens et dans lesquels où, au contraire des sources concernant la mémoire, les faits sont exposés avec une certaine objectivité. Je peux donc dire que les sources concernant la mémoire sont : La mémoire d’Hélène, de Hélène Elek ; Testament de Boris Holban ; Un franc-tireur juif raconte de Abraham Lissner ; Les Murs de Fresnes de Henri Calet. Et les sources concernant l’histoire sont : Le sang de l’étranger et Les immigrés de la MOI dans la Résistance de S. Courtois, D. Petschanski et A. Rayski ; L’affiche Rouge de Adam Rayski ; La Résistance en Île-de-France (DVD) ; Combattants, héros et martyrs de la Résistance de David Diamant ; Pages de gloire des vingt-trois du FFI-FTPF ; Les RG sous l’Occupation de Frédéric Couderc ; Les jeunes et la Résistance de Laurence Thibault ; Fresnes dans la tourmente de F. Wasserman, J. Spire et H. Israël.

    La source principale du livre est le témoignage La mémoire d’Hélène. En effet, il a été écrit par la mère de Thomas Elek, qui a survécu à la guerre. C’est donc le témoignage d’un proche direct de Thomas. Utiliser ce livre permet de ne pas créer le personnage de Tommy « de toutes pièces », mais d’utiliser des détails et des traits de caractère qu’il avait réellement ; cela rend donc le livre plus authentique : le personnage n’est pas une fiction. De plus, le narrateur de l’histoire fait de nombreuses références au témoignage d’Hélène : « On peut la lire dans La mémoire d’Hélène » (page 13), « Il était gêné, écrit Hélène, qu’une femme le voit nu. » (page 111)... Ainsi l’auteur montre l’importance qu’a pour lui ce témoignage, qui a été sa référence la plus importante pour le personnage de Thomas.

 

V) Quelle est la signification du titre ?


    Le titre Le tombeau de Tommy peut s’expliquer de plusieurs manières différentes. Tout d’abord nous pouvons remarquer que ce groupe nominal contient une allitération en « t ». De plus, les mots « tombeau » et « Tommy » commencent par les mêmes trois premières lettres. Il y a donc un écho entre ces deux mots qui sont ainsi intimement liés.

    Un tombeau est une sépulture, un lieu où l’on enterre les morts. Le Tombeau de Tommy peut donc nous faire penser au long cheminement de Thomas jusqu’à sa mort, jusqu’à sa tombe. Ce titre a une dimension tragique : le lecteur sait dès le début que le héros est condamné et il l’accompagne tout au long du livre, de son enfance à son exécution. D’ailleurs, un lieu peut nous faire penser à un tombeau : la chambre que Thomas avait loué peu de temps avant de se faire arrêter et qui était « sa dernière cache, son dernier confort » (page 132) et où le réalisateur et Gabriel vont en quelque sorte se recueillir au cours du tournage ; lieu qui est appelé « tombeau » plusieurs fois…

    Le Tombeau de Tommy peut aussi évoquer une certaine forme de silence. En effet, on ne saura jamais avec certitude ce que Thomas a pu vivre lors de son emprisonnement et de ses interrogations. Mais le mot « tombeau » peut également être pris au sens littéraire du terme, c’est-à-dire en tant qu’hommage rendu à Thomas pour qu’il passe à la postérité. Le réalisateur du film qui est le narrateur déclare : « Cela faisait des mois que je vivais avec lui » (page 24) et  « Tommy me rappelait précisément Louis, mon frère, qui avait décidé l’heure de sa mort » (page 24) ; l’acteur Gabriel se laisse complètement envahir par son personnage : « Et souvent, lorsqu’il parlait, même entre les prises, c’était avec la voix de Tommy » (page 73). Ils veulent donc tourner un film-hommage en l’honneur de Thomas, un véritable tombeau, car ils sont hantés par le personnage.

    Enfin, on peut parler de tombeau, car avec le film dans lequel il a incarné Tommy, Gabriel suit son cheminement et quitte son adolescence pour devenir un adulte. On peut dire qu’il « enterre » son enfance.

    Le Tombeau de Tommy offre ainsi une multitude de significations possibles, mais dont la plus importante est sans doute celle du « tombeau littéraire ».

 

VI) Quelles sont les caractéristiques psychologiques de Thomas Elek ?


    D’après le roman, Thomas Elek est un personnage riche en traits de caractère variés.

    Dès son enfance, c’est déjà un garçon téméraire et imprudent : il veut cracher dans le plat que sa mère prépare aux soldats allemands : « Je peux cracher dans le lapin ? «  (page 16). Il refuse de se laisser faire par l’occupant et le montre clairement. Plus tard dans le roman, on apprend qu’après un attentat, il est parti à la piscine malgré le risque de se faire arrêter : « Oui, juste après avoir tué quelques soldats allemands, il est allé se plonger dans l’eau fraîche et chlorée. » (page 68). De plus, Thomas est provocateur et insolent car il n’hésite pas à parler de son opinion politique en public : « Je le crierai jusqu’à ce qu’il crève, Pétain… » (Page 36) et « Il ne porta jamais l’étoile jaune. […] Il décida plutôt de la brandir, cousue sur une muleta, devant les cornes du taureau. » (Page 44). En découle un caractère un peu orgueilleux : «N’avait-il pas hérité de sa mère son caractère orgueilleux, aristocrate versant facilement dans un certain mépris ?» (Page 22) et « Outre sa beauté, j’admirais sa dureté, son orgueil, son extrême exigence qui ne souffrait aucun compromis » (Page 24). Ensuite, Thomas possède un grand courage pour s’engager dès 16 ans dans la Résistance, et malgré les risques : « Il avait l’âge le plus naturel à la témérité […] mais il fallait aussi une insolence et une implacable volonté d’affronter le mal. » (Page 44) et il savait parfaitement qu’il risquait de mourir : « C’est-à-dire que tu obéis, que tu souffres, et que probablement tu meurs/Va pour la tragédie, dit Tommy. » (Page 52). De plus, Thomas commet son premier attentat seul : « La première action reconnue de Tommy est celle qu’il prépara seul, sans en référer à quiconque. » (Page 58).

    Mais Tommy est également quelqu’un de très aimant, et qui a besoin de beaucoup de tendresse : « Tu sais que tu es la plus belle du monde ? » (Page 106). Il entretient un lien particulier avec sa mère qu’il adore : « Il posa sa tête contre son épaule […] Hélène lui caressa les cheveux » (Page 86). Enfin, il a toujours essayé de combattre sa peur et ses faiblesses : « Je ne peux te garantir que je ne parlerai pas. Je ne sais pas si je supporterai la torture. » (Page 156) et « Je ne suis pas sûr de tenir longtemps. » (Page 159).

    Thomas est donc un personnage très complexe qui, malgré sa détermination et son courage, est aussi un adolescent comme un autre dans la tourmente de la guerre…

 

VII) Quels liens se mettent progressivement en place entre Tommy et Gabriel ?


    Dès le début du roman, le narrateur nous informe qu’un lien étrange va se mettre en place entre Gabriel et Tommy : « J’ai choisi Gabriel, sans savoir vraiment qu’il deviendrait Tommy. » (Page 28). Gabriel va au cours du tournage devenir progressivement dépendant de Tommy, jusqu’à une identification complète.

    Au début, Gabriel cherche simplement à interpréter au plus juste son personnage : « Gabriel disait les mots qu’il avait appris […] puis au fur et à mesure que l’univers de Tommy lui devenait familier, j’ai senti peu à peu […] que les deux personnages pourraient se rencontrer. » (Page 30). Mais ensuite l’acteur change progressivement et commence vraiment à ressembler à son personnage : « Je me souviens d’avoir été impressionné […] en découvrant combien Tommy l’avait pénétré. » (Page 35). Puis Gabriel commence à souffrir et devient lunatique et solitaire : « Il demeurait à l’écart des autres acteurs […] Gabriel devenait ombrageux. » (Page 47). S’ensuivent des mises en garde adressées au réalisateur : « Prends garde, cet enfant est le feu : la lumière et la brûlure à la fois » (Page 61) ; mais celui-ci ne veut rien entendre, même s’il commence à avoir peur pour Gabriel. Enfin, Gabriel se retrouve complètement habité par son personnage : « Lorsqu’il parlait, c’était avec la voix de Tommy. » (Page 73) et commence à échapper à tout contrôle.

    L’épisode de la fuite de Gabriel dans la chambre de Tommy accentue encore l’identification de celui-ci à son personnage et cela confirme cette pensée du réalisateur : « J’ai pensé avec effroi que Gabriel lui aussi pouvait mourir. » (Page 97). A partir de ce moment, celui-ci ne fait plus aucune distinction entre les deux jeunes gens : « Gabriel ne vint pas au rendez-vous que le soldat perdu de l’armée du crime avait fixé à Marcel » (Page 125). Et nous retrouvons plus loin un paradoxe : « Depuis quand Tommy habitait-il la chambre de Gabriel ? » (Page 125), devenant à la page suivante : « Depuis quand Gabriel habitait-il la chambre de Tommy ? » (Page 129).

    Ainsi Gabriel est entièrement devenu Tommy et l’on a l’impression en lisant le livre que Gabriel s’est fait posséder par le fantôme de Tommy car « il l’entendait » (Page 38) et ressent ses souffrances lorsqu’il tourne la scène de l’interrogatoire : « Je ne m’attendais pas aux larmes, jaillissant après quelques secondes alors que l’interrogateur avait repris son texte. » (Page 147). Puis peu à peu, Gabriel réussit à se séparer de son personnage, mais ce n’est pas sans séquelles : « Gabriel, détaché de Tommy, n’était plus le même, comme si la flamme avait été soufflée. » (Page 173) et « Il demeurait seul dans ce petit espace habité par le fantôme et s’y laissait aller » (Page 179). Et à la fin du tournage, Gabriel, trop marqué par son expérience, n’a plus le goût de vivre : « Les deux garçons se rencontraient dans les ténèbres d’où la mort venait. Je les ai laissés seuls. » (Page 215).

    Gabriel s’est donc retrouvé prisonnier de son rôle, au point de ne plus pouvoir en sortir. Envahi par Tommy, il est pris au piège de la symbiose avec son personnage et ne pourra plus jamais retrouver entièrement sa véritable identité…

 

VIII) Comment s’articulent le récit du tournage et le récit historique ?


    Le récit du tournage et le récit historique se complètent dans le livre. Le plus souvent, ils s’articulent autour d’une scène du film qui leur sert de « point de ralliement ». Ils sont dépendants les uns des autres.

    Par exemple, à la page 88, nous avons une scène du film sur Tommy (en italique) qui raconte une action de Résistance de son groupe : le déraillement d’un train. Puis s’ensuit un paragraphe qui explique les circonstances de l’attentat d’un point de vue historique avec dates, lieux et personnages de cette action. Et en fin le paragraphe suivant montre les difficultés du réalisateur à tourner la scène, c’est le récit du tournage, avec des descriptions du jeu des acteurs et surtout de l’attitude de Gabriel. Après nous trouvons une nouvelle scène du film en italique et tout recommence.

    Tout coïncide donc avec les extraits du film insérés dans le roman. Il en découle une explication historique sur les circonstances de la scène, puis quelques moments-clés du tournage. Et ce schéma (scène du film, récit historique, récit du tournage, scène du film, etc…) se répète tout au long du livre.


IX) Quel est l’apport du roman à la mémoire ?


    Le Tombeau de Tommy est un immense apport à la mémoire. Il permet de faire passer Thomas Elek et son groupe de Résistance à la postérité (s’ils ne le sont pas déjà).

    Tout d’abord ce livre est une fiction, ce qui peut pousser plus de gens à le lire alors qu’un livre ou documentaire historique touche un public plus restreint. Là, les adolescents lisant ce roman peuvent s’identifier au personnage de Gabriel, donc en quelque sorte au personnage de Tommy. Cela peut leur donner envie d’en savoir plus. Dans ce cas-là, le lecteur peut consulter d’autres documents, sur l’Internet par exemple.

    Le site d’Alain Blottière est l’illustration du roman. Il nous fait découvrir de nombreuses images d’archives sur les lieux et personnages de l’histoire du groupe de Résistance Manouchian. Il approfondit donc le travail sur la mémoire commencé par le livre : en voyant les photos réelles illustrant le récit, on se souvient plus facilement de l’histoire. Ce qui frappe le plus est la vidéo qui nous montre le chemin du condamné jusqu’au poteau d’exécution : on a l’impression d’être Thomas sur le point d’être fusillé.

    Le Tombeau de Tommy est donc un véritable hommage à Thomas Elek. Il le fait revivre aux yeux des lecteurs, qui émus par son histoire et la singulière identification de Gabriel à son personnage, ne pourront plus jamais l’oublier. Ce livre est une commémoration à la mémoire de ce jeune résistant, sans doute plus efficace qu’un livre d’histoire. Mais en même temps, ce livre est une fiction et il ne respecte pas la stricte vérité. En espérant que, comme le dit Gabriel, Tommy « aimerait ton film, il saurait bien que l’essentiel ne peut être montré au cinéma, il te pardonnerait, il t’aimerait autant que moi… » (page 180).

Rachel

 

Par 1ère L du Lycée Chateaubriand à Rennes - Publié dans : Immigration et fiction
Jeudi 25 mars 2010 4 25 /03 /Mars /2010 20:15
Documents-AD-1026Documents-AD-1023Documents-AD-1024
clichés d'Archives d'Ille-et-Vilaine - SERE-4M414

Les documents qui nous étaient présentés étaient principalement des lettres du ministre de l’Intérieur au préfet d’Ille-et-Vilaine en 1939. Il y avait également un télégramme de la police de 1938 envoyé à la poste de Rennes, des listes de réfugiés espagnols envoyés en terre d’accueil et des modèles de « laissez-passer ». Grâce à ces documents d’archives, nous avons pu apprendre de nouvelles choses, pas forcément abordées dans les cours d’histoire. Durant la guerre civile espagnole de 1936 à 1939, le Mexique accepte d’accueillir des réfugiés espagnols sur ses terres. Les candidats choisis pour partir au Mexique doivent être munis d’un « laissez-passer » et d’un passeport avec photo obligatoire. Les avis d’embarquement sont rédigés en espagnol afin d’améliorer la compréhension du réfugié espagnol, en s’adressant dans sa langue maternelle. Cette migration est prise en charge par le S.E.R.E. (« Service d’Evacuation des Républicains Espagnols », soit en espagnol « Servicio de Evacuación de los Republicanos Españoles ») et par la préfecture. Si les réfugiés ont des ressources d’argent trop faibles, le transport est financé. Les réfugiés concernés sont des anciens miliciens espagnols hébergés dans les camps spéciaux, des réfugiés espagnols civils hébergés dans des formations d’accueil et des réfugiés espagnols civils isolés ou hébergés par des particuliers. Les ports d’embarquement pour le Mexique sont le port de Pauillac à Bordeaux et Port-Vendres, près de Perpignan. Les dates de leurs départs sont imposées par le ministre de l’Intérieur, qui affirme « délai absolument ferme ».
Les réfugiés d’Ille-et-Vilaine sont nombreux à partir. En effet, 1 500 à 2 000 espagnols sont déplacés vers un autre territoire, le Chili, en août 1939. En novembre 1939, une nouvelle mesure est prise. Les réfugiés sont envoyés vers des pays d’outre-mer car ils doivent évacuer le territoire. Le document qui nous a le plus marqué est l’avis d’embarquement du S.E.R.E. L’original étant en espagnol pour faciliter la compréhension des réfugiés, un autre avis d’embarquement a été rédigé en français. Il était alors intéressant de comparer l’original en espagnol et le document traduit en français. Le document français a dû être traduit ligne par ligne, sans donner un sens général au courrier. En effet, de nombreuses fautes d’orthographes étaient présentes et l’ensemble n’était pas très compréhensible. Grâce à ce document, nous avons pu voir l’importance des moyens déployés afin de faire comprendre les réfugiés. Ces deux documents nous ont aussi permis de savoir que les employés du S.E.R.E. étaient des Espagnols.

Alexandra et Mathilde 
Par 1ère L du Lycée Chateaubriand à Rennes - Publié dans : Les archives départementales

Rechercher

Présentation

  • : Le blog de la 1ère L du Lycée Chateaubriand à Rennes
  • Le blog de la 1ère L du Lycée Chateaubriand à Rennes
  • : 15/11/2009

Les objectifs du projet

Les objectifs de ce projet sont :

 

Objectifs disciplinaires :

 

- Aborder les sociétés française et européenne, dans le cadre des programmes de Première, à partir du thème de l’immigration, et de montrer que faire l’histoire de l’immigration c’est faire l’histoire de la société française dans son ensemble et non uniquement celle des immigrés

 

- Réfléchir aux relations entre les méthodes et les raisonnements propres à l’histoire et à la géographie, à la fiction (le cinéma et la littérature) et au  travail sur archives.

 

Objectifs documentaires :

 

- Familiariser les élèves à la littérature contemporaine, au cinéma d'auteur, en vue d'une ouverture culturelle.

 

- Consolider des savoirs et savoir-faire en terme de méthodologie de la recherche documentaire déjà mis en oeuvre dans le cadre de l'ECJS et dans le cadre des TPE.

 

- Utiliser les technologies de l'information et de la communication dans un cadre pédagogique (création d'un blog) qui au delà de savoir-faire techniques, implique de se confronter au droit de la propriété intellectuelle et au droit à l'image.

 

Dans ce cadre, le travail des élèves prend trois directions :

- Un travail de recherche documentaire au CDI sur l'immigration et les territoires français et européen hier et aujourd'hui (géographie  et documentation).

 - Un travail de recherches sur documents d'époque aux archives départementales d'Ille-et-Vilaine sur le thème des réfugiés espagnols entre 1936 et 1939-40, (histoire et espagnol).

- Une réflexion des élèves autour du roman d'Alain Blottière, Le tombeau de Tommy, à partir d'un débat puis d'une correspondance avec l'auteur en attendant son intervention dans l'établissement. Parallèlement, une comparaison avec le film L'armée du crime de Robert Guédiguian est proposée (cours d'histoire, cours de français, documentation).

 

Les élèves ont souhaité que le résultat de leur travail prenne la forme d'un blog afin de faire profiter l'ensemble de la communauté éducative des avancées de ce projet.

Photos

  • Sortie aux Archives départementales
  • Rencontre avec Alain Blottière
  • Sortie aux Archives départementales
  • Rencontre avec Alain Blottière
  • Sortie aux Archives départementales
  • Sortie aux Archives départementales
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus